Yomi no Tsugai : Retour sur les épisodes 1 à 5

Écrit par Ruga | Publié le 16 mai 2026
Yomi no Tsugai : Retour sur les épisodes 1 à 5

Un peu moins d’un an après l’annonce de son adaptation, l’anime Yomi no Tsugai, adapté du manga de Hiromu Arakawa, débute enfin sa diffusion hebdomadaire. La série prévoit une diffusion de 24 épisodes consécutifs, produite par bones film et le contexte ne saurait que rappeler Fullmetal Alchemist, de la même autrice. Le manga bénéficia de deux adaptations au sein du studio, jouissant d’un grand succès et reconnues pour leurs qualités, nous interrogeant sur l’envers de la production de Yomi no Tsugai. Revenons ensemble sur ce premier mois de diffusion en parlant en détail des cinq premiers épisodes.

C’est le Studio D de bones film, récemment connu pour Bungo Stray Dogs, SK8 ou Josée, le tigre et les poissons, qui se charge de l’adaptation. L’équipe est reconnue pour la consistance de ses productions et compte parmi ses réguliers des animateurs et superviseurs de talent, mais aussi des storyboarders et réalisateurs d’épisode réputés.

Longtemps avec la productrice Mari Suzuki à sa tête, c’est Nobuhito Takemoto qui lui succèdera à compter de 2024. Ce dernier était déjà producteur exécutif sur Bungo Stray Dogs auparavant, mais il était accompagné de Suzuki en productrice de l’animation. Le Studio D avait d’ailleurs comme premier projet Fullmetal Alchemist: Brotherhood, tandis qu’en 2003, c’est le Studio C qui s’était occupé de la production de l’anime de 51 épisodes (lui aussi premier projet du studio).

Et si, en apparence, l’adaptation chez bones semble être une évidence, la situation en coulisses est un peu différente. Yoshihiro Ooyabu, producteur au Studio C puis désormais président de bones film, ainsi que Takemoto, mentionnent dans une interview avoir contacté Square Enix dès la publication du premier chapitre dans le magazine Gangan, exprimant immédiatement leur intérêt pour l’œuvre. Ils expliquent ensuite avoir souhaité produire l’anime dès la sortie du premier tome.

Bien qu’il s’agisse du même studio, plus de quinze ans se sont écoulés entre les adaptations, et les équipes ont depuis largement changé. Le staff principal est donc bien différent, tout en conservant des visages familiers proches du studio et du Studio D. Très peu de temps après T・P BON, réalisé au Studio A, Masahiro Andō enchaîne directement chez bones film en tant que réalisateur sur Yomi no Tsugai. Il est en réalité une figure bien connue du studio, notamment pour sa première réalisation marquante : le film Sword of the Stranger. Au-delà de son talent, le réalisateur bénéficie d’une forte confiance de la part du studio. Présent depuis les premières productions de bones, il s’est vu confier, au cours des deux dernières décennies, plusieurs projets au sein de différents studios de l’entreprise. Ses productions gardent un aspect terre à terre : sans proposer quelque chose d’explosif ou spectaculaire, elles excellent dans chaque aspect de l’animation qu’elles développent. On y retrouve des séquences d’action proprement exécutées lorsque nécessaire, mais aussi une attention particulière portée aux mouvements des personnages. Andō avait d’ailleurs déjà contribué aux deux adaptations du manga d’Arakawa.

Aussi régulier au Studio D depuis 12 ans maintenant, Nobuhiro Arai se charge du character design. L’association peut surprendre au vu du style très particulier du designer, notamment sa manière de dessiner les visages, comparé aux personnages d’Arakawa. Pourtant, le résultat propose une fusion assez homogène de son trait, reconnaissable à ses nez pointus, aux extrémités pointues, la forme des lèvres et bouches particulières, ainsi qu’à l’attention portée aux yeux, avec le style caractéristique de l’autrice.

Ce main staff, finalement composé de vétérans réguliers des productions bones, implique forcément la présence de noms bien connus du studio. Ainsi, même si Ooyabu exprime une volonté de ne pas trop évoquer Fullmetal Alchemist, la présence de Yoshiyuki Itō (Tsugai design, superviseur) ou de Kōji Sugiura (Tsugai design), par exemple, reste particulièrement réminiscente.

Tout en restant chez bones, il est également important de mentionner le travail de compositing. Sur Tsugai, on retrouve à ce poste Yingying Zhang, membre du département de compositing de bones film. Il s’agit de la troisième fois qu’elle occupe ce rôle, après son travail sur Les Mémoires de Vanitas et My Hero Academia: Vigilantes. Si le studio est réputé depuis sa fondation pour la qualité de ses productions, c’est aussi parce que le compositing y joue un rôle essentiel : celui de soutenir la vision du réalisateur afin de ne pas alourdir un plan ni de changer son ton, en intégrant l’ambiance de l’anime.


Épisode 01

Storyboard : Masahiro Andō
Réalisateur d’épisode : Kōji Nagatomi
Supervision de l’animation : Yoshiyuki Itō
Assistante de production : Maho Ozaki

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De manière assez classique, la première implique Andō au storyboard pour poser le ton de la série. Le but étant que l’épisode escalade au niveau de l’intrigue, le rythme débute plus posément, abordant l’introduction de Yuru différemment du manga avec la séquence de chasse. On y découvre alors son talent à l’arc, tenant au courant le spectateur, pour ne pas le perdre, sachant qu’il en fait démonstration plus tard.

Mention spéciale à l’équipe de compositing qui propose un travail assez convaincant sur l’esthétique de la scène : le feuillage laisse passer des bribes de lumière dans l’ombre, comme on le voit sur Yuru. La séquence d’introduction de l’univers s’appuie aussi sur la composition du manga. « L’œuvre de Mme Arakawa et l’animation se marient incroyablement bien », disait le réalisateur.

Composition de la scène d'introduction de l'univers
Composition de la scène d'introduction de l'univers

Sur ses réalisations, Andō se charge de storyboarder les premiers épisodes en étant souvent accompagné pour la réalisation d’épisodes. Ici, à la charge de Kōji Nagatomi. L’animateur de Sunrise effectuait auparavant de la réalisation d’épisodes pour des productions du Studio D avec Bungo Stray Dogs, dont une pour un épisode de C2C. Il réalisa également un épisode pour Gachiakuta à Studio A (ce qui semble logique aussi : les Studios A et D sont à côté au même étage). En remontant plus loin, on constate que Nagatomi avait aussi travaillé pour une production à C2C en tant que réalisateur d’épisode. Cette série était réalisée par Takefumi Anzai, qui a débuté à bones en tant qu’assistant de production dès les années 2001, aussi présent sur les productions d’Andō en tant que réalisateur d’épisode à bones ou à P.A Works. Cela pourrait expliquer les relations qui ont conduit à sa présence ici.

Et pour superviser l’animation de l’épisode, on eut Yoshiyuki Itō, seul. Au-delà de la prestation assez rare dans l’industrie de l’animation TV de nos jours, et le rapprochement avec Fullmetal Alchemist qui débutait aussi avec une solo supervision du vétéran de bones, il y a deux choses à noter. La première est évidemment la qualité de ses corrections, que ce soit au dessin ou à quel point elle améliore sensiblement le mouvement en le gardant naturel, mais aussi la flexibilité des visages. Par ailleurs, sa présence est liée à un autre élément.

Supervision : Yoshiyuki Itō
Supervision : Yoshiyuki Itō

Depuis quelques années maintenant, bones recrute des animateurs au studio dans leur département d’animation, avec pour objectif de les entraîner et de leur donner de l’expérience sous la tutelle de vétérans afin de progresser. C’est aussi pourquoi la présence d’Itō est importante ici, en rapport avec cette philosophie : on voit au premier épisode une partie importante des crédits des animateurs de bones film, qui ont pu travailler avec la supervision d’un vétéran au studio pour les assister. L’une des premières séquences d’action, le tir de Yuru sur les soldats, est animée par Mayu Sakaguchi avec la supervision du vétéran.

Animation : Mayu Sakaguchi | Supervision : Yoshiyuki Itō

Tout l’épisode repose sur le build-up menant à sa seconde partie : le choc avec le monde réel. Le contraste se fait nettement ressentir à la bascule, avec des plans impliquant la caméra de manière bien plus dynamique, tandis que l’ensemble se trouve bien coordonné grâce au travail d’Andō et Nagatomi en amont. L’attention se porte particulièrement sur plusieurs scènes : ce choc est appuyé par l’arrivée de Gabby, puis par la scène sanglante où les villageois se font abattre par une mystérieuse présence. La séquence est très peu censurée, renforçant le côté cru des plans, et les dessins caractéristiques de Tokuyuki Matsutake jouent un rôle dans le contraste entre les mouvements insolents de main de Gabby et l’horreur des villageois qui tombent un à un. La terreur visible sur leurs visages, tout comme leurs mouvements, transmet pleinement ce ressenti.

Une autre scène marquante est l’arrivée de Dera sur le champ de bataille, cette fois-ci animée par Ittaku Koushou. L’animatrice s’est exprimée à bones film, notamment au Studio B sur My Hero Academia: Vigilantes et le film My Hero Academia The Movie: You’re Next. On reconnaît son style à des formes d’effets particulières, comme on peut le voir sur la masse spectrale du Tsugai de Gabby, ainsi qu’à un timing rapide soutenu par l’utilisation de smears, perceptibles dans les mouvements de Dera. La séquence gagne progressivement en impact et en frénésie à mesure que l’on découvre l’apparence du Tsugai Gabriel et ses déplacements.

Le dernier segment de l’épisode met en valeur l’apparition des Tsugai, animé par Momoka Miyagawa, membre du département d’animation de bones film. En plus des corrections du character designer, ici superviseur en chef, l’accent est particulièrement mis sur les lignes, vraisemblablement plus grasses et prononcées lors des close-ups sur les visages, leur donnant une présence à la fois dominante et terrifiante.

Animation : Momoka Miyagawa | Sakugabooru

Épisode 02

Storyboard : Masahiro Andō
Réalisateur d’épisode : Shouji Ikeno
Supervision de l’animation : Hiroki Kanno, Mio Araki, Maho Satsuki
Assistant de production : Nanami Tsuchiya

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L’enchaînement direct de la scène d’assaut de l’épisode précédent, avec encore une fois Andō au board, est forcément plus agité. On ne retrouve pas Nagatomi mais Ikeno à la réalisation, qui n’était pas vraiment un régulier chez bones. Il était principalement présent dans les productions de Sunrise, notamment l’équipe en charge de séries Gundam telles que Build Fighters ou encore Iron-Blooded Orphans. Mais depuis My Hero Academia 2, il est devenu un régulier au sein du studio. Sa présence à Studio C peut être liée à son travail avec Kenji Nagasaki sur Build Fighters où il réalisait, mais fait est qu’il n’est maintenant plus exclusivement à studio C, la production de la série TV My Hero Academia étant achevée.

De ses nombreux épisodes sur My Hero Academia, Ikeno fournissait un travail correct, travaillant avec des storyboards différents au cours des 9 dernières années et a notamment été mis en valeur par la réalisatrice Naomi Nakayama, montrant pourquoi les équipes du studio lui font confiance.

L’épisode bénéficie cette fois-ci d’une line-up de superviseurs plus connue des productions de studio D : On retrouve notamment Hiroki Kanno, d’ailleurs character designer de Fullmetal Alchemist: Brotherhood et superviseur de l’épisode 2 de FMA 2003, et Mio Araki, tous deux régulièrement présents dans les rotations. Maho Satsuki, s’étant rapprochée de l’équipe un peu plus tard, est également présente pour les épauler, et bien que l’épisode reste une prestation solide en supervision, on constate une différence d’approche en comparaison du travail d’Itō, sans être négatif pour autant. Les animateurs ont aussi leur propre style, ce qui est voué à paraître, même légèrement, suivant les séquences.

Images de l'épisode 2
Images de l'épisode 2

Avec leur apparition, l’un des principaux objectifs de cet épisode est la démonstration de force des Tsugai, et la séquence d’offensive montre la différence d’échelle de puissance de ces créatures mythiques. Avec un mouvement organique, l’accélération de Dextre est amplifiée par le flou du background et le personnage qui se transforme entièrement en smears, avec la caméra qui peine à le suivre à mesure qu’il se rapproche de la cible, et la transition qui suit est fluidifiée grâce au passage de la caméra qui suit vers le haut vers un plan qui zoom out légèrement. La transition rapide entre les cuts montre aussi le rapport de force sur la séquence qui suit, avec le coup de pied de Senestre. C’est une matérialisation d’action peut-être pas révolutionnaire mais qui excelle par son efficacité.

Animation : ? | Sakugabooru

On retrouvera cette approche plus tard lors du court face à face entre Asa et Dextre, où on aperçoit le personnage prendre une autre forme un court instant, prenant le spectateur par surprise. Le segment se conclut enfin après le passage en force de Senestre face à Gabriel, mettant plus l’accent sur le physique pur du Tsugai de Yuru.

Comme cet épisode présente un contexte différent en terme de production, on notera forcément des têtes plus régulières de l’équipe qui s’occuperont de l’animation de l’épisode, et on reconnaît des noms comme celui de Nobutaka Masuda, ayant travaillé sur la partie d’action, mais aussi Hidenori Fukuoka ou Masato Kudō.

La seconde partie de l’épisode se focalise davantage sur la différence de vision de Yuru entre ce qu’il a vécu et le “bas monde”, en s’appuyant sur le rythme du manga. L’amorce entre les scènes au caractère plus comiques et celles sérieuses est bien amené, il est d’autant plus ironique que Yuru et les Tsugai soient plus surpris par des objets de la vie courante que la dame blanche.

La séquence a par ailleurs un attrait assez sympathique avec des plans centrés sur le cheval, montrant le soin accordé au cycle de galop. Sans sol pour s’appuyer, il a fallu donner une cadence similaire tout en donnant une marche mystifiée.


Épisode 03

Storyboard : Jong Heo\ Réalisateur d’épisode : Kousuke Shimotori
Supervision de l’animation : Ayumi Abe (partie A), Tsubasa Hatashima (partie B)
Assistant de production : Takuto Shimokawa

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Avec seulement 5 épisodes sortis (6 à l’heure où l’article est publié), il est difficile de voir apparaître une rotation au storyboard au vu de la présence d’Andō dès le début, et c’est donc Jong Heo qui lui succèdera. Sa première apparition à bones fut sur Gachiakuta, il n’est donc pas surprenant de le voir ici d’un côté comme mentionné auparavant. Mais on remarque aussi ses nombreuses contributions à P.A Works, incluant des séries réalisées par Andō, ou alors sa participation à Train to the End of the World, qui impliquait aussi Fumihiko Suganuma, le réalisateur de Gachiakuta en tant que réalisateur d’épisode en chef. Il a également montré une régularité notable sur la production : bien qu’hormis Yutaka Nakamura, Gen Kondō et Kenta Yokoya tous aient au moins storyboard deux épisodes minimum, Heo restait le plus productif. Ces facteurs peuvent expliquer sa contribution à la série, connu à la fois des équipes de bones et du réalisateur. Il sera accompagné par Shimotori à la réalisation.

Voir la productivité de Heo peut faire croire que ses storyboards soient peu intéressants, mais même s’ils ne “sortent pas spécialement du lot”, ils développent assez bien le contenu de l’épisode, sans rendre les scènes d’exposition trop longues, ni couper abruptement les segments d’action. Toute la première partie de l’épisode à l’aire d’autoroute l’illustre bien.

L’épisode se contente globalement d’adapter le manga, sauf la scène où Yuru découvre les onigiri, un ajout, ou plutôt une extension du manga, traitée avec soin. La séquence de dino développe (s’appuyant sur une référence ?) l’ouverture d’un emballage avec son réalisme dû au mouvement et à l’animation de la déchirure du papier (comme le petit blocage).

Animation : dino | Sakugabooru

On retient également l’apparition, bien qu’attendue, de Norimitsu Suzuki. Sa séquence se retrouve séparée en deux, et Run Yang anime les plans entre ses deux parties, avec un segment marquant. La scène du manga est aussi étendue en ajoutant des plans qui par delà l’animation renforcent le côté horrifique du Tsugai de Jin, Ai, avec l’animation des bras qui se braquent fermement sur le visage de la cible.

Animation : Run Yang

La suite, par Suzuki, et non corrigée, montre encore les talents de l’animateur peu importe le domaine. Si la scène est plutôt calme, et que la jeune femme ne fait pas particulièrement de bruit, le ressenti de peur est parfaitement transmis par les mouvements de son corps, d’abord très vivants dans le premier plan, puis se figeant soudainement à la vue d’Ai, bougeant de manière organique et brutale en se débloquant de l’ascenseur, enchainant avec la rotation et l’animation de la jeune femme qui se retourne avec un timing fractionné.

Le character acting brillant de Suzuki

L’épisode profite cette fois-ci de la supervision d’Ayumi Abe et Tsubasa Hatashima. La première, s’occupant de la partie A, est une régulière de la ligne de production. Quant à Hatashima, il a davantage travaillé avec le Studio A, mais l’épisode 12 de Gachiakuta produit par Studio D avec l’animateur parmi les superviseurs de l’animation, laissait penser à une future présence sur Tsugai.

Ce duo nous offre une supervision très solide, dans la continuité des premiers épisodes. Les productions du Studio D opèrent souvent avec deux superviseurs dans des épisodes, chacun s’occupant d’une partie généralement, permettant d’offrir un rendu solide en réduisant le nombre de plans à corriger par personne tout en assurant une rotation. Hatashima anime d’ailleurs une des dernières séquences de l’épisode, où Yuru fréquente les toilettes et se lave les mains, avec un acting et des expressions du visages assez drôles montrant la décontenance du protagoniste face à un monde qu’il découvre, tout en ajoutant une touche comique.

La séquence de Hatashima : le character acting soigné et les expressions de Yuru

Épisode 04

Storyboard/Réalisateur d’épisode : Kōji Nagatomi
Supervision de l’animation : Kana Miyai
Assistant de production : Yuu Aoyagi

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Seconde participation de Nagatomi, avec ses propres storyboards cette fois-ci, et on a l’occasion d’avoir une nouvelle présence seule à la supervision, celle de Kana Miyai. L’animatrice a déjà animé régulièrement sur des séries de bones, mais le plus gros de sa carrière reste son évolution en tant que superviseure et character designer, positions qu’elle a commencé à occuper sur des animes à Shaft. Plus récemment, elle occupait le poste de character designer sur A Mangaka’s Weirdly Wonderful Workplace. Cela explique largement sa présence ici, bien que n’ayant jamais eu de crédit de supervision à bones.

Et preuve en est, son travail est peu reprochable à ce niveau. Ses corrections s’approprient les personnages d’Arai en maintenant la qualité tout au long de l’épisode, apportant ce soin au mouvement, en accord avec la philosophie des réalisations d’Andō.

Cet épisode poursuit sur une séquence plus calme, en se focalisant plus tard sur l’action, qui débute dès la fin de la partie A de l’épisode, avec la séquence des Tsugai en vol portant Yuru. Cette séquence est aussi étendue dans l’anime, montrée que très rapidement dans le manga, et on y remarque quelque chose : dans le support d’origine, les Tsugai ne sont représentés qu’à travers leur apparence avec de la fourrure grâce aux bordures, mais l’anime va apporter une texture et un trait semblable à de la peinture, comme on peut le voir en détail dans la séquence de Kazunori Ozawa. Bien que la fourrure ne ressorte pas bien sur tous les plans, l’ensemble s’associe correctement, sans paraître trop indiscret.

Animation : Kazunori Ozawa (?)

Pour sa deuxième participation consécutive, Norimitsu Suzuki ouvre le bal de la confrontation avec une séquence faisant étalage de ses différentes compétences : du dessin détaillé d’armes aux effets d’explosions à conformation volumineuse en passant par les exagérations du visage ou des débris cubiques. Le plus remarquable est sur l’animation du recul des corps des Tsugai de Yuru face aux balles incapable de les percer, qui paraît très réaliste.

Animation : Norimitsu Suzuki (NC) | Sakugabooru

Par ailleurs, le choc des Tsugai de Yuru et de ceux des Kagemori (présumément animé par Sakura Ayuzawa, du département d’animation de bones film ?) met bien en évidence la lourdeur du Tsugai tortue ainsi que la souplesse et l’elasticité du lapin. L’épisode s’achève sur une bonne mise en scène avec la capture de Jin par Yuru.

Animation : Sakura Ayuzawa ?

Épisode 05

Storyboard : Hideyo Yamamoto
Réalisateur d’épisode : Shouji Ikeno
Supervision de l’animation : Hiroki Kanno, Mio Araki, Maho Satsuki, Kana Miyai
Assistants de production : Shiho Okano, Kaho Mizutani

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On arrive déjà à la rotation du premier cycle pour les superviseurs et Ikeno, qu’on avait vus 3 épisodes plus tôt. Ils seront également épaulés par Kana Miyai, qui enchaine après sa supervision solo. Yamamoto est quant à lui nouveau parmi la rotation au storyboard. Il se trouve que ce dernier n’en est pas à sa première participation à bones Studio D qui remonte à 10 ans maintenant, mais il avait storyboard sur Blast of Tempest et Shirayuki aux cheveux rouges, deux réalisations d’Andō.

Cet épisode présente d’ailleurs deux assistants de production, et révèle un point important à noter pour les précédents également. Il se trouve que Kaho Mizutani en est à sa première participation en tant qu’assistante de production sur une série. Au delà du staff d’animation, le staff de production est lui aussi jeune, les assistants de production des épisodes 2 et 3 en sont d’ailleurs à leur seconde participation, la première remontant il y a peu, sur Gachiakuta. Cela montre que la production est également une occasion pour eux d’évoluer. Mizutani est d’ailleurs créditée avec Okano, potentiellement présente pour l’aider.

L’épisode débute avec la suite directe de la scène au parking, mettant principalement l’accent sur des gros plans où l’on se concentre que sur un seul visage, sans pouvoir deviner l’expression de l’autre interlocuteur pendant le dialogue, apportant une tension à la discussion. Le tout accompagné du mystère autour des Tsugai de Kurotani. L’épisode va d’ailleurs réussir à maintenir ce ton, au vu de son déroulement, avec Yuru qui continue de plonger dans l’inconnu suite à sa décision de suivre les Kagemori, ainsi qu’avec l’arrivée au logement du clan. Même en alternant avec des courts moments comiques, le spectateur est tenu intrigué par la suite des évènements. Dans les moments sans action, Ikeno parvient à bien retranscrire ce genre d’ambiance avec sa vision, en s’accaparant le storyboard. On se retrouve avec des scènes pouvant s’étaler sans ébranler le ton d’un épisode, même si l’épisode ne se démarque pas plus que les autres visuellement.

L’épisode se termine avec l’attaque surprise de la maison Kagemori, qui s’achève sur un cliffhanger géré par Ittaku Koushou, déjà de retour sur l’épisode. La frénésie des Tsugai assaillants se voit bien grâce à son travail.

Animation : Ittaku Koushou | Sakugabooru

Opening

Storyboard/Directeur : Nobutaka Yoda
Assistance à la mise en scène : Masahiro Andō
Supervision de l’animation : Nobuhiro Arai
Assistants de production : Aoi Tanaka


Fort de la grande histoire d’amour entre les productions de bones et le monteur de 10GAUGE, Nobutaka Yoda, qui n’en est pas à sa seule réalisation de la saison, s’occupe de l’opening.

Ces derniers sont en général réputés pour des plans assez typiques, relativement simples, investissant beaucoup dans l’exposition : en bref leur structure assez simple et même cliché, bien que certains étaient visuellement plus intéressants, lorsque la vision de Yoda s’accorde avec l’atmosphère de la série. Mais ses openings se distinguent surtout par le traitement de l’image au compositing.

L’opening commence par des plans impliquant symétrie, rappelant le contexte de l’œuvre, les Tsugai par paire, Yuru et Asa, les jumeaux, qui s’opposent en apparence. Le segment des Tsugai en mouvement exploite bien ce côté. Les animateurs participant à l’opening sont aussi des réguliers de la production, expliquant les dessins impeccables, dans la partie introduction ou action, supervisés par Arai.

Séquence de l'opening

On note tout de même l’apparition de Masahiro Satō sur l’opening. L’animateur proche d’Andō n’était pas apparu sur les 5 premiers épisodes, sa présence ici peut présumer des apparitions futures. Les poses de Satō donnent leur charme à la séquence, bien que cliché, du refrain où les personnages apparaissent un à un dans les airs

La présumée séquence de Satō | Sakugabooru

Ending

Storyboard/Mise en scène/Animation : Norimitsu Suzuki (non crédité)


Cela faisait depuis 2021, avec Godzilla Singular Point que Suzuki n’avait pas réalisé d’ending pour les productions à bones, et même si sa prestation pendant ces 25 ans n’est pas une rareté, le contexte rappelle évidemment la première série de bones pour laquelle il a réalisé un ending, Fullmetal Alchemist en 2003.

Mais l’esthétique le rappelle également : il est d’ailleurs important de noter que Suzuki s’associe souvent avec Yoshiyuki Takei pour le compositing de ses endings, mais pour la première fois depuis un moment, c’est Mayuko Furumoto qui s’en chargera. Elle fait évidemment partie du département de compositing de bones, et depuis 20 ans maintenant, et elle a en réalité déjà effectué du compositing pour un de ses endings de Soul Eater. Son travail sur le compositing rappelle les réalisations de Suzuki à cette époque, avec une esthétique bien marquée, comme le premier ending de Fullmetal Alchemist.

L’animateur a ses propres habitudes dans ses storyboards et son animation, les rendant reconnaissables. Si, par exemple, on retrouve les plans ressemblant à des cartes de personnages, des motifs en guise de contour, ou l’apparition du logo dans l’ending, chacun de ses endings reste unique.

Et celui de Yomi no Tsugai n’échappe pas à la règle : en plus de ses dessins non corrigés ou des backgrounds dessinés à la main, Suzuki donne cette impression que rien ne lui est impossible en animation. La gestuelle de Yuru s’accorde parfaitement à la lenteur de la chanson, et le refrain est une démonstration de l’animation totalement libre de Suzuki. Les dessins restent incroyablement consistants en dépit de rotations en tous sens et un timing qui s’ajuste avec les instruments de la chanson.

Ending de Norimitsu Suzuki | Sakugabooru